Les jeunes remettent un examen de français au gouvernement

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Ce vendredi, une grande manifestation des jeunes du secondaire de Pour le futur Montréal – rejoints par les cégepiens et les cégepiennes, les universitaires et des citoyen·ne·s – a attiré des centaines de personnes à Montréal et dans plusieurs villes à travers le Québec. Cette dernière manifestation de l’année scolaire du collectif Pour le futur Montréal marquait la 14e manifestation en 14 semaines des jeunes du secondaire.

Depuis le 15 février, et tous les vendredis depuis, les jeunes québécois·es crient à leurs gouvernements d’agir face à l’urgence climatique. Le 22 mars dernier, lors de la rencontre avec les représentant·e·s des collectifs jeunesse, le ministre de l’Environnement avait promis de revoir les jeunes durant quatre samedis consécutifs afin d’entendre leurs inquiétudes, critiques et solutions concrètes. Depuis, les jeunes n’ont reçu aucune invitation.

«Devant l’obstination de nos gouvernements à continuer de défendre un modèle de développement qui en privilégie quelques-un·e·s au détriment de la collectivité et risque de priver la jeunesse d’un avenir, nous manifesterons le 17 mai pour la dernière fois de l’année scolaire. La science est unanime: des changements majeurs sont la seule manière d’éviter des catastrophes inouïes face auxquelles nous serons impuissant·e·s. On ne parle plus d’audace, mais de responsabilité. Nous assistons à l’éveil d’une génération qui ne se laissera pas arrêter, parce qu’elle n’a rien à perdre et tout à gagner», exprime Albert Lalonde, co-porte-parole de Pour le futur Montréal.

Pour sa part, Sara Montpetit, co-porte-parole de Pour le futur Montréal, se montre déterminée: «Une lutte ne se gagne pas du jour au lendemain. Une lutte se gagne à tous les jours.»

«Après quatorze vendredis de suite à manifester avec le secondaire et 150 000 personnes dans la rue le 15 mars, aucun geste concret n’a été posé par le gouvernement. Il ne fait néanmoins aucun doute que la pression sociale fait bouger les lignes et réoriente le discours de la CAQ. Une chose est sûre: nous continuerons à maintenir cette pression jusqu’à ce que la crise climatique soit traitée à la hauteur des menaces qu’elle fait peser sur la vie», ajoute Léa Ilardo, co-porte-parole de La planète s’invite à l’Université.

Ferez-vous vos devoirs?

Alors que les élèves de secondaire 5 ont dû se pencher sur un examen de fin d’études de français avec pour question principale «Peut-on s’adapter aux changements climatiques?», des élèves ont préparé une réplique: un examen adressé au gouvernement du Québec. Cet examen a été remis le 16 mai en fin d’après-midi au Premier ministre du Québec, François Legault, et au ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge.

«Depuis des semaines, les élèves du secondaire ont fait leurs devoirs. Les jeunes comprennent l’urgence d’agir et changent leurs habitudes pour réduire leur empreinte sur le climat. Mais les jeunes ont peur face à la crise climatique et exigent une action rapide pour lutter contre les changements climatiques de la part de nos gouvernements. M. le premier ministre, ferez-vous vos devoirs?» demande Catherine Gauthier, directrice d’ENvironnement JEUnesse.

L’examen présenté par les jeunes comprend un dossier préparatoire dans lequel on retrouve un article sur le rapport spécial du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), un texte d’actualité du quotidien Le Devoir sur les émissions de gaz à effet de serre du Québec, une présentation des mouvements de la jeunesse et de leurs revendications, un témoignage, le texte de loi climat pour assurer le respect des engagements climatiques du Québec présenté par Le Pacte pour la Transition et une section «Vrai ou faux?».

«J’ai commencé à être triste et déprimée quand j’ai su que tout était perdu. Je n’ai pas eu la chance de voir ne serait-ce qu’une chose car tout a été jeté… J’ai pleuré des heures et des jours!» écrit Nadine, une élève de 5e année du primaire à Sainte-Marthe-sur-le-Lac affectée par les inondations du printemps 2019, dans son témoignage percutant.

Pour consulter l'examen intégral

Mise à jour du 23 mai 2019

Les 5 jours de préparation sont écoulés, de même que les 3 heures et 15 minutes allouées pour répondre à la question d’examen. Nous devons malheureusement attribuer la note de 0 – pour échec – à Messieurs le Premier ministre du Québec, François Legault, et le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge.

Pour une stratégie québécoise d’éducation environnementale

L’inertie gouvernementale, tant au niveau provincial que fédéral, inquiète les jeunes: celle-ci menace leur avenir et celui de toutes les générations. Des solutions concrètes existent pourtant, partagées chaque jour par des ingénieur·e·s, économistes, urbanistes, agriculteur·trice·s, professeur·e·s et médecins. Par exemple, la Coalition Éducation Environnement Écocitoyenneté a proposé une Stratégie québécoise d’éducation en matière d’environnement et d’écocitoyenneté qui a recueilli l’appui de tous les partis d’opposition.

Cette coalition jeunesse (Pour le futur Montréal, Devoir environnemental collectif, La planète s’invite à l’Université) est appuyée par le collectif citoyen La planète s’invite au Parlement, les artistes, ENvironnement JEUnesse, le syndicat des professeures et professeurs du Cégep Gérald Godin et le Centr’ERE.

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