Une délégation québécoise à la Semaine africaine du climat

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L’édition 2019 de la Semaine africaine du climat était le premier grand événement de l’année axé sur le climat dans le but de promouvoir des directives pratiques de mise en œuvre de l’Accord de Paris. Accueilli par le gouvernement ghanéen à Accra (Ghana) du 18 au 22 mars 2019, la Semaine africaine du climat 2019 fait suite aux négociations internationales sur le climat de la 24e Conférence des Parties (CdP-24), qui se sont conclues avec un ensemble de règles (aussi appelé rulebook en anglais). Ce «rulebook» énonce les procédures et les mécanismes essentiels qui rendront l’Accord de Paris opérationnel.

L’année 2019 étant celle de l’ambition, la Semaine africaine du climat 2019 a porté sur les moyens de renforcer l’engagement entre les acteur·trice·s étatiques et non étatiques dans les secteurs clés de l’Afrique, soit l’énergie, l’agriculture et les établissements humains, y compris le rôle de l’évolution des marchés du carbone vers les objectifs du développement durable. Les gouvernements, le secteur privé ainsi que les membres de la société civile se sont réuni·e·s tout au long de la Semaine du climat afin de promouvoir le travail essentiel entrepris dans les trois domaines de la transformation que sont la politique, la technologie et les finances.

Grâce au soutien financier des Offices jeunesse internationaux du Québec (LOJIQ) dans le cadre de l’Initiative jeunesse de lutte contre les changements climatiques et à un don de la firme de gestion durable, ÉEM Gestion ESS inc., Awovi A. S. Komassi a pris part à la Semaine africaine du climat aux côtés de trois autres déléguées de LOJIQ, aussi impliquées au sein d’une organisation œuvrant dans la lutte contre les changements climatiques, soit Lou Paris, Andréanne Simard et Gabrielle Filiatrault.

  • Awovi A. S. Komassi est membre du Comité aviseur de la certification Cégep Vert du Québec d’ENvironnement JEUnesse et professionnelle en systèmes de gestion et conformité en environnement, santé et sécurité.
  • Détentrice d’un baccalauréat en biophysique et d’une maîtrise en science de l’eau avec spécialité en écotoxicologie, Lou Paris travaille pour l’Organisme du Bassin Versant Yamaska.
  • Andréanne Simard est titulaire d’un baccalauréat en biologie avec une concentration en biodiversité et conservation ainsi qu’un certificat en science de l’environnement. Elle travaille en tant que chargée de projet pour l’Organisme de bassin versant du Saguenay.
  • Quant à Gabrielle Filiatreault, elle est chargée de projet en agriculture urbaine pour l’organisme environnemental EURÊKO ! Passionnée par l’horticulture, elle s’intéresse au concept de forêt nourricière communautaire publique et travaille également comme étudiante chercheuse sur le sujet à l’Université du Québec à Chicoutimi.

Des initiatives de pays africains à l’honneur

Des représentant·e·s des différents paliers de gouvernements ou encore des membres de la société civile ont présenté les enjeux ou les réussites observées au sein de leurs organisations, collectivités ou pays. Tout d’abord, il a été particulièrement intéressant d’en apprendre sur les femmes de la commune de Foumbolo qui développent des initiatives en environnement porteur de résultats malgré l’enjeu pressant du financement qui est souvent hors de leur portée. Ensuite, la visite des différents kiosques de l’espace du savoir lors des journées de conférence a aussi permis aux nombreuses institutions présentes d’exhiber leurs projets, activités et programmes. C’est donc ainsi que j’ai appris l’existence d’une alliance universitaire composée d’universités de l’Afrique de l’ouest, centrale, de l’est et du sud de l’Afrique qui financent les études d’étudiant·e·s en environnement ou dans un domaine connexe. C’est une excellente initiative, car elle permet la formation d’étudiant·e·s africain·e·s en Afrique et en environnement dans des contextes leur permettant d’avoir une meilleure compréhension des enjeux ainsi qu’une meilleure vision de ce que devrait être la gouvernance environnementale.

La jeunesse au coeur des enjeux climatiques

Finalement, l’une des dernières sessions de la conférence portait sur le rôle de la jeunesse dans la lutte contre les changements climatiques. Cette session éducative et de débat s’est développée autour d’une présentation des négociations sur les changements climatiques, ce qu’elles impliquent, la position des pays africains ainsi que les enjeux auxquels ils font face. Le programme d’accès au Fonds Vert a également été présenté par un représentant du Fonds vert afin de clarifier le mécanisme de fonctionnement et de démystifier, voire confirmer, la complexité autour d’une soumission de requête via un organisme accrédité. Cette session a aussi été un moment d’échange entre les participant·e·s et un représentant de l’Organisation des Nations Unies pour échanger sur la façon dont la jeunesse africaine pouvait s’inviter dans les échanges sur les changements climatiques ainsi que sur l’importance des «petites» actions.

Des rencontres multipliées

La Semaine africaine sur le climat, c’est également l’occasion de revoir des ami·e·s rencontré·e·s lors de conférences ultérieures sur les changements climatiques et de continuer nos conversations. Joseph Yaovi Kogbe, directeur exécutif de l’Organisation pour l’Environnement et le Développement durable (Lomé, Togo), rencontré en 2016 lors de la 22e Conférence des Parties (CdP-22) au Maroc, a partagé son expérience en matière d’accompagnement d’une commune du Togo dans l’élaboration de son plan d’action pour l’accès à l’énergie durable et pour le climat dans le cadre de la Convention des Maires pour l’Afrique subsaharienne. Selon lui, «la Semaine africaine du climat est une initiative louable qui facilite la rencontre de plusieurs acteur·trice·s de la société civile, de l’administration publique et du secteur privé et de partager nos expériences en faveur de la lutte contre les changements climatiques».

Bien qu’il arrive que ces moments de rencontre puissent être longs et remplis de promesses et d’échanges de cartes sans suivi réel, une bouffée d’air frais a été apportée grâce à l’arrivée de jeunes activistes pour la justice climatique chantonnant avec force et conviction le fameux slogan repris par la jeunesse engagée de partout dans le monde: «What do we want? Climate Justice! When do we want it? Now!».

Cet article a été rédigé par Awovi A. S. Komassi, membre du comité aviseur de la certification Cégep Vert du Québec d’ENvironnement JEUnesse et professionnelle en systèmes de gestion et conformité en environnement, santé et sécurité.

Crédit photo: Lou Paris