Pour le bien collectif et l’environnement

Une cafétéria certifiée LEAF au Cégep de Saint-Jérôme
18 novembre 2020

Parmi toutes les choses qui peuvent nous guider dans la vie, il y a certainement ce qu’on considère comme important ou que l’on valorise. Certains chercheurs (Schwartz, 1992) lient cela à nos valeurs. En effet, il apparaît que ces principes directeurs de la vie d’une personne, ces valeurs, ont une grande influence sur les gestes et actions entrepris par cette personne.

Et qu’en est-il des valeurs environnementales qui nous poussent à entreprendre des actions environnementales? À quoi ressemblent-elles? Comment les développe-t-on?

 Au-delà de soi pour l’environnement

Ce ne sont pas tous les chercheurs qui s’entendent sur la définition du terme «valeur». Si on se réfère à la théorie proposée par Schwartz (1992,1994), on voit se classifier les valeurs en deux grandes catégories. La première catégorie se nomme la transcendance de soi et lie un ensemble de valeurs altruistes. La deuxième catégorie est liée à la croissance personnelle qui est à caractère davantage égoïste. Ces catégories de valeurs peuvent alors agir comme de principes directeurs dans nos actions et décisions.

Parmi ces catégories, la transcendance de soi prône notamment la bienveillance et l’universalisme. La bienveillance est liée à des valeurs comme l’aide, le pardon et l’honnêteté. L’universalisme est lié à des valeurs comme la justice sociale, l’ouverture d’esprit, la protection de l’environnement et l’égalité (De Groot et Steg, 2007; Schwartz, 2012). Ce sont toutes ces valeurs qui, ensemble, préconisent le bien collectif et la protection de l’environnement.

C’est pourquoi le développement de valeurs associées à la transcendance de soi inciterait notre engagement environnemental (Schwartz, 2012). Mais comment ces valeurs se développent-elles? Selon Schwartz (2012), elles se développent avant tout par une compréhension plus profonde du milieu naturel et d’une plus grande appréciation de celui-ci.

Nos croyances nous mettent en action

Au-delà du modèle de Schwartz, certains chercheurs ont tenté d’éclaircir le lien existant entre les valeurs d’une personne et la réalisation de comportements pro-environnementaux. C’est le cas de Stern qui propose un modèle liant indirectement les valeurs, croyances et normes d’une personne (2000). Il ajoute aussi le groupe de valeurs biosphériques liées à l’environnement et la biosphère.

Figure 1. Schématisation simplifiée de la théorie valeur-croyance-norme de Stern (inspiré de Stern 2000)

Pour Stern, les croyances d’une personne, c’est-à-dire la vision qu’elle a du monde ou le sentiment de responsabilité qu’elle ressent, influenceront ses comportements. Il semble que nos valeurs sont fortement associées à nos croyances, qui à leur tour, développent nos normes personnelles et même nos obligations morales d’agir. Ces normes et obligation morale influencent alors directement nos gestes et actions!

Sous cette théorie, les valeurs altruistes et biosphériques peuvent toutes deux mener à des comportements pro-environnementaux, la première pour des raisons sociales et l’autre pour la valeur intrinsèque de la nature (De Groot et Steg, 2016; Stern, 2000).

Il semble donc que favoriser le développement de valeurs dites altruistes et biosphériques en éducation est une porte d’entrée à la réalisation de comportements pro-environnementaux.

Les valeurs environnementales et ENvironnement JEUnesse

L’éducation relative à l’environnement (ERE) regorge de stratégies pour favoriser le développement de valeurs pro-environnementales. Par exemple, les programmes d’accompagnement et certification en ERE d’ENvironnement JEUnesse encouragent la mise en place de projets et d’activités qui amènent les jeunes de tous les âges à reconnecter avec leur environnement et à devenir des citoyennes et citoyens, conscients des enjeux environnementaux, et outillés pour agir dans leurs milieux.

Le concours de recyclage de piles, en partenariat avec Appel à Recycler, permet de sensibiliser les jeunes à l’importance du recyclage des piles pour la protection de l’environnement, en plus de les encourager à adopter des habitudes écoresponsables dans leur vie quotidienne.

Le CPE Vallée Sourire a mis en place quatre jardins potagers à vocation éducative. Le projet a permis aux enfants de découvrir d’où viennent les fruits et les légumes, de connecter avec la nature, d’avoir accès à des aliments sains et de développer une conscience écoresponsable.

Le CPE les Tourterelles a adhéré au projet pilote ALEX, un programme de pédagogie par la nature visant à favoriser un contact plus fréquent entre les enfants et leur environnement.

Le Collège Rosemont a mis sur pied un projet d’érablière urbaine transmettant les connaissances en acériculture, tout en valorisant le lien entre l’alimentation et l’environnement dans un contexte urbain, et plus encore!

À propos de l’autrice

Catherine est une amoureuse de la nature depuis sa tendre enfance. Par un désir de protéger ce qu’elle aime, elle a réalisé un baccalauréat en biologie. Il s’en est suivi une maîtrise en gestion de l’environnement. Elle poursuit actuellement un programme court en éducation relative à l’environnement croyant que l’éducation est au cœur des solutions pour assurer une meilleure protection et appréciation du monde naturel. Elle croit fortement aux rôles citoyens pour s’approprier et améliorer nos milieux de vie. Selon elle, nous sommes au front de cette essentielle transition écologique. Catherine est à la recherche de nouveaux défis en environnement qui lui permettront de concilier ses passions ainsi que ses multiples compétences.

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À propos de la minisérie

Dans le cadre de son essai maîtrise en environnement de l’Université de Sherbrooke, Catherine a tenté de mieux comprendre les motifs qui sous-tendent la mobilisation des jeunes face à la crise climatique et cerner le rôle clé de l’ERE dans cet engagement politique. Ainsi, ce troisième article fait partie d’une minisérie de cinq articles visant à présenter les faits saillants de sa revue de littérature, dont les déterminants de l’engagement environnemental. Dans les prochains articles, elle présentera d‘autres exemples concrets d’ERE inspirés des activités d’ENvironnement JEUnesse, telles que son colloque annuel ou le programme Jeunes leaders pour l’environnement.

Pour tous les articles de la série

Pour aller plus loin

Consulter l’essai (version intégrale)

Références
Schwartz, S. H. (1992). Universals in the content and structure of values: Theoretical advances and empirical tests in 20 countries. Advances in experimental social psychology. Orlando, FL: Academic Press.
De Groot, J. I., et Steg, L. (2007). Value orientations and environmental beliefs in five countries: Validity of an instrument to measure egoistic, altruistic and biospheric value orientations. Journal of Cross-Cultural Psychology, 38(3), 318-332.
Schwartz, S. H. (1994). Are there universal aspects in the structure and contents of human values?. Journal of social issues, 50(4), 19-45.
Schwartz, S. H. (2012). An Overview of the Schwartz Theory of Basic Values. Online Readings in Psychology and Culture, 2(1).
Stern, P. C. (2000). Towards a coherent theory of environmentally significant behavior. Journal of Social Issues, 56.

Crédit photo: Completely green