Le projet Gazoduq en trois commentaires

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Le 17 janvier 2018, ENvironnement JEUnesse a participé à la consultation du Ministère de l’Environnement et Lutte contre les changements climatiques (MELCC) sur le projet avancé par Gazoduq. Celui-ci consiste à implanter un gazoduc de 750 km reliant le réseau de gaz naturel de TransCanada PipeLines Limited (TransCanada) au futur complexe GNL de Saguenay.

Le terme consultation est un grand mot ici. Les citoyen(ne)s et les groupes étaient appelé(e)s à commenter en un maximum de 1500 caractères chacune des trois questions bien délimitées. ENvironnement JEUnesse y a néanmoins participé afin de préciser les enjeux oubliés à aborder et à exprimer nos préoccupations à l’égard du projet.

Voici l’intégralité des commentaires soumis par ENvironnement JEUnesse.

1) À la lumière de l’avis de projet et de la directive pour l’élaboration de l’étude d’impact, y-a-t-il des enjeux qui devraient être ajoutés ou davantage mis en évidence?

Les évaluations du projet Gazoduq et celle du projet Énergie Saguenay devraient plutôt être faites en une seule évaluation globale et complète. Plusieurs enjeux risquent ainsi d’être mal évalués, négligés ou tout simplement ignorés, tels que les effets cumulatifs de ces infrastructures.

En raison d’une analyse à la pièce, l’évaluation du projet de Gazoduq n’inclut pas les émissions de gaz à effet de serre liées à la production du gaz naturel (dont une grande partie par fracturation). On note dans l’avis de projet que l’utilisation du gaz naturel au lieu du charbon/mazout pourrait permettre une réduction des émissions de gaz à effet de serre. Or, l’avis de projet n’évalue pas les impacts à l’horizon de 2050.

De plus, l’impact sur les bélugas est seulement inclut dans le projet Énergie Saguenay alors qu’il devrait également l’être dans le cas du projet Gazoduq.

Les enjeux qui devraient être ajoutés ou davantage mis en évidence sont (1) les effets cumulatifs du projet Gazoduq et du projet Énergie Saguenay, (2) les impacts du projet Gazoduq et du projet Énergie Saguenay sur les émissions de gaz à effet de serre à long terme, ou minimalement à l’horizon de 2050, au Québec et à l’international, et (3) les impacts du projet Gazoduq et du projet Énergie Saguenay sur la biodiversité, notamment sur les bélugas.

2) Quelles sont vos préoccupations particulières à l’égard du projet?

ENvironnement JEUnesse porte la voix des jeunes sur les questions environnementales. Le projet de Gazoduq de même que le projet Énergie Saguenay représentent une menace climatique, alors que leur réalisation représenterait des émissions de gaz à effet de serre incompatible avec un climat viable. En tant que groupe jeunesse, nous tenons à rappeler que ce sont les jeunes qui subiront le plus fortement et de façon disproportionnée les conséquences des changements climatiques. Nous sommes donc particulièrement préoccupés par ce projet.

3) Références à suggérer à l’initiateur de projet

Dans un avis récent, Pêches et Océans Canada conclut que la construction de deux ports majeurs dans le fjord du Saguenay pourrait avoir des effets négatifs pour les bélugas. Référence : Pêches et Océans Canada. 2018. « Effets potentiels des projets de construction de terminaux maritimes dans le fjord du Saguenay sur le béluga du Saint-Laurent et son habitat », Réponse des Sciences 2018/025. [En ligne] http://www.dfo-mpo.gc.ca/csas-sccs/Publications/ScR-RS/2018/2018_025-fra.pdf

« Dans le but d’atteindre la cible de 2030, par exemple, la nouvelle politique énergétique du Québec prévoit soutenir le remplacement du pétrole par le gaz naturel dans l’industrie et les transports lourds, ce qui exigera des investissements considérables dans des technologies et des infrastructures qu’il faudra commencer à remplacer à leur tour à partir de 2030 afin de satisfaire aux objectifs de 2050. » Des insfrastructures telles que celles prévues dans le cadre du projet Gazoduq et du projet Énergie Saguenay sont donc incompatibles avec les cibles du Québec pour 2050. Référence : Mousseau, Normand. 2017. « Gagner la guerre du climat : Douze mythes à déboulonner », Éditions Boréal, 264 pages.

Selon le GIEC, il est encore scientifiquement possible d’agir pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C. Pour ce faire, les efforts requis sont sans précédent. Référence : GIEC, 2018. « Global Warming of 1,5 °C ». [En ligne] https://www.ipcc.ch/sr15/