Lettre ouverte: «Nous n’avons pas encore le droit de vote, mais nous avons une voix»
À l’approche des élections québécoises, Oumar et Flavie, deux jeunes membres de notre comité jeunesse du conseil d’administration, prennent la parole. Dans cette lettre ouverte, elle et il posent une question simple : quelle place faisons-nous réellement à la jeunesse dans les décisions qui façonneront son avenir?
LETTRE OUVERTE
Montréal, septembre 2026
Permettez-nous de nous présenter. Oumar et Flavie.
Nous n’avons pas encore le droit de vote. Pourtant, les décisions que prendra le gouvernement élu en octobre auront un impact direct sur notre avenir. Mettons-nous en contexte : notre génération s’exprime sur les enjeux qui lui tiennent à cœur, mais rares sont les occasions où sa voix est réellement écoutée. Alors, sommes-nous condamnés à l’impuissance ?
En cette période électorale, le comité jeunesse du conseil d’administration d’Environnement Jeunesse s’est rencontré. Le consensus est clair : nous tenons à être entendus en tant que jeune génération par rapport à notre vision d’un gouvernement écoresponsable méritant la confiance des personnes Québécoises.
Voici deux idées qui, selon nous, devraient être entendues et surtout écoutées.
Comité environnemental jeunesse – Une revendication de Flavie
Nous considérons capital, tel que mentionné précédemment, que les 15-35 ans soient consultés lorsque des projets ayant de grandes répercussions sur notre avenir sont mis sur la table. C’est pourquoi nous pensons qu’un comité environnemental au sein de l’Assemblée nationale pourrait être un moyen concret de nous donner notre juste place dans les décisions qui façonneront le Québec de demain.
Ce groupe de jeunes pourrait non seulement se prononcer sur des projets susceptibles de nuire à l’environnement, mais aussi proposer des pistes d’actions positives et bénéfiques pour notre planète, que le futur gouvernement s’engagerait à considérer. Cette solution constituerait un moyen concret de nous faire une place dans les processus décisionnels. Loin d’être symbolique, cette participation permettrait d’enrichir les réflexions et de faire émerger des solutions portées par une génération directement concernée par les enjeux environnementaux. Prenons pour exemple le possible retour de l’exploitation des gaz de schiste, actuellement sujet de débat.
Ce type de projet soulève de sérieuses préoccupations quant à l’avenir environnemental du Québec. Et ce sont nous, les jeunes, qui vivrons avec les conséquences des décisions prises aujourd’hui. Pourquoi devrions-nous être laissés à l’écart des décisions qui auront un impact sur notre avenir?
Législation de la mode éphémère (ou fast fashion) – Une revendication d’Oumar
Nous pensons sincèrement qu’il est crucial de bonifier la législation de l’un des plus grands fléaux de ce 21e siècle : la mode éphémère. « La mode est un droit, pas un privilège ». Ce slogan prôné par un acteur majeur de ce secteur est une insulte au genre humain. Affirmer que la mode devrait être accessible à toutes et tous, quels que soient les moyens financiers, est une idée que nous partageons. Mais il faut distinguer l’accès à des vêtements abordables du fait de suivre constamment les tendances et de renouveler sa garde-robe. Présenter cette consommation comme un droit au même titre que se loger (vivre sous un toit) nous semble problématique. L’ouverture récente à Montréal d’une boutique éphémère par une grande entreprise du secteur témoigne de la place considérable qu’occupe encore la mode éphémère dans notre société, malgré ses impacts environnementaux et sociaux.
En plus de générer des émissions de CO₂ considérables qui mettent en péril des myriades d’écosystèmes, de produire des quantités de déchets si alarmantes que nos océans et nos forêts en étouffent, la mode éphémère nourrit une culture de la surconsommation et du renouvellement constant. De nombreuses alternatives permettent d’ailleurs de s’habiller à moindre coût sans encourager cette logique de surconsommation. Ainsi, il est primordial d’adopter des mesures plus ambitieuses pour encadrer la mode éphémère et lutter concrètement contre les dérives de cette industrie. Nous pouvons par exemple augmenter les frais de douane sur certains produits ou encore limiter l’accès de ces marques à certains espaces publicitaires. En soi, les moyens d’agir sont nombreux : il revient au gouvernement de choisir les mesures les plus efficaces pour réduire les impacts de cette industrie et encourager des pratiques de consommation plus responsables. Ce qui importe, c’est de ne plus fermer les yeux sur les conséquences de la mode éphémère et de poser des gestes concrets pour protéger notre environnement.
En conclusion, nous croyons en une société qui valorise la durabilité, la responsabilité collective et le respect de l’environnement. En tant que jeunes, nous voulons pouvoir vieillir sur une terre vivante et en santé, pour pouvoir un jour la transmettre avec fierté à nos enfants. Les décisions prises aujourd’hui auront des répercussions bien au-delà du prochain mandat. Il est donc temps de faire une véritable place à la jeunesse dans les discussions qui concernent notre avenir. Nous avons besoin d’un gouvernement qui ose agir et qui fait de la transition socio-écologique, une véritable priorité.
Flavie Léveillé
Élève de secondaire et membre du comité jeunesse du conseil d’administration d’Environnement Jeunesse
Oumar Sall
Étudiant au Cégep et membre du comité jeunesse du conseil d’administration d’Environnement Jeunesse




