ENvironnement JEUnesse conscientise les jeunes du Québec aux enjeux environnementaux, les outille à travers ses projets éducatifs et les incite à agir dans leur milieu.

ENJEU...LIEN du 29 janvier 2016

ENJEU...LIEN

Éditorial

Le paradoxe de la viande

J’ai découvert récemment, à travers une vidéo diffusée sur les médias sociaux, le principe de la dissonance cognitive. Derrière ce terme un peu rébarbatif se cache un principe peu connu qui m’a fait beaucoup réfléchir.

La dissonance cognitive est une théorie en psychologie qui tente d’expliquer comment un individu est capable d’agir en rupture avec ses valeurs : « il y a dissonance cognitive lorsque les faits et la réalité sont en contradiction avec nos croyances. Cela crée un inconfort psychologique que nous cherchons à réduire ». Pour illustrer ce concept, la vidéo présentait l’exemple de la consommation de la viande. La plupart des gens sont sensibles au bien-être des animaux et à la cruauté animale, pourtant ils acceptent et apprécient de manger de la viande industrielle alors qu’ils connaissent les conditions d’élevage et d’abatage. C’est comme si nous refusions de voir notre viande comme un animal mort. Ce phénomène se nomme le paradoxe de la viande. C’est exactement à ce moment-là que j’ai eu une révélation.

Je suis une personne hypersensible. Cette hypersensibilité s’accompagne d’un respect pour la vie animale. Impossible pour moi de participer à de la chasse, de regarder des reportages dénonçant les conditions d’élevage, de regarder des images de maltraitance animale, de faire du mal intentionnellement à un animal, etc. Pourtant, je mange de la viande. Pourquoi ne suis-je alors pas émue devant mon assiette ? Il est clair qu’acheter sa viande en barquette et en cube contribue à dématérialiser l’animal derrière la viande ainsi que le processus derrière la production de celle-ci. Dans mon cas, il est évident que je me cache les faits afin de mieux accepter mon choix. J’ai donc découvert que mon esprit était victime de cette fameuse dissonance… Autre exemple troublant : j’ai un chat que j’adore et que je ne mangerais pour rien au monde, par contre, je salive devant un steak de bœuf bien saignant. Mon steak a pourtant été une jolie petite vache. Le cas de l’attachement de l’homme pour les animaux domestiques et son détachement face à une ferme d’élevage est vraiment révélateur de la complexité de notre esprit et du mécanisme de dissonance. Essayer de comprendre et d’expliquer le comportement de l’esprit face à ce paradoxe est fascinant. Nous mettons en place des processus psychologiques inconscients. Nous minimisons et oublions ce qui nous dérange. L’esprit peut adopter différentes stratégies :

  • Première possibilité : je deviens végétarien, j’adapte mes actes en fonction de mes valeurs.
  • Deuxième option : j’aménage mes pensées pour atténuer le paradoxe, je suis sensible au bien-être des animaux mais j’ai le droit de manger de la viande.
  • Troisième option : je cherche des excuses pour minimiser l’importance et des justifications face à cette opposition dans mon esprit : « L’Homme mange de la viande depuis toujours. » « C’est bon pour la santé. J’ai besoin de protéines animales. » « Les animaux aussi mangent de la viande, c’est la chaîne alimentaire. »

Moi aussi, à ce stade, je me suis reconnue.

Ces réflexions m’ont poussée à me questionner sur l’éthique animale et sur les nombreuses notions qui en découlent (« spécisme », carnivorisme éthique, végétarisme, etc.). Ces dernières ont influencé mes choix alimentaires.

Sans tomber dans les extrêmes, le questionnement de la cruauté animale est pertinent. Il ne s’agit pas ici de convaincre mais plutôt d’ouvrir la porte à la réflexion. Ne devrions-nous pas être plus conscientisés sur la viande que nous retrouvons dans nos assiettes ?

Dans tous les cas, aujourd’hui, les impacts négatifs de l’élevage intensif sur l’environnement ne sont plus à prouver. Il est recommandé de diminuer notre consommation de viande et de la remplacer par des protéines végétales. L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a d’ailleurs décrété 2016 comme l’année mondiale de la légumineuse. L’occasion parfaite de changer nos habitudes alimentaires et de découvrir de nouvelles recettes tout en diminuant notre impact sur la planète.

-  Raphaëlle Devatine

N.B. Les opinions exprimées à travers les éditoriaux du bulletin électronique L’ENJEU...LIEN ne sont pas nécessairement celles d’ENvironnement JEUnesse, elles n’impliquent que l’auteur(e).

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    22 janvier 2016 | Lire l’article au complet

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