Une gifle en plein visage | Le Canada se retire du Protocole de Kyoto

Par les membres de la Délégation de la jeunesse du Québec
13 décembre 2011

Lundi soir, au lendemain de la 17e Conférence des parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, le ministre fédéral de l’Environnement, Peter Kent, a convoqué les médias à une conférence de presse expéditive où le gouvernement du Canada a officiellement annoncé qu’il se retirerait du Protocole de Kyoto.

ENvironnement JEUnesse et la Délégation de la jeunesse du Québec condamnent fermement le manque de respect du gouvernement conservateur qui aura finalement attendu au lendemain de la conférence de Durban pour jeter ses cartes sur la table et affirmer sa position, après avoir joué les troubles fête à Durban.

« Ce retrait constitue une gifle au visage de la communauté internationale et de la population canadienne. Il démontre toute l’hypocrisie du gouvernement qui a profité de sa position en tant que partie au Protocole pour miner les négociations de Durban et empêcher une seconde période d’engagement au sein du Protocole de Kyoto » affirme Catherine Gauthier, chargée de projet de la Délégation de la jeunesse du Québec chez ENvironnement JEUnesse. « Après avoir été le pire joueur pendant deux semaines, il se retire immédiatement du Protocole qu’il a contribué à affaiblir » ajoute Emmanuel Précourt Senécal, journaliste de la délégation. « Pire encore, il pourrait également tenter de jouer un rôle d’obstruction à la prochaine conférence des parties puisque, selon l’article 27 du Protocole de Kyoto, son retrait ne sera effectif qu’un an après l’annonce de sa résiliation officielle. »

Le Protocole de Kyoto est le seul traité international qui permet une réduction des gaz à effet de serre. Le gouvernement canadien prétend souhaiter un traité contraignant pour 2015 et dont l’entrée en vigueur se ferait à compter de 2020, mais le voilà qu’il crache sur sa propre signature au Protocole de Kyoto. « Un accord entrant en vigueur en 2020 laisse un manque à gagner de huit ans et ne permettra pas d’éviter un réchauffement global de moins de deux degrés Celsius » souligne Olivia Toussaint-Martin, agente de liaison internationale de la Délégation de la jeunesse du Québec. « L’inaction du gouvernement témoigne de son mépris non seulement envers les changements climatiques, mais également envers la volonté de la population canadienne » renchérit Jean-François Veilleux, analyste politique de la Délégation de la jeunesse du Québec. Aux yeux de Jérôme Normand, directeur de l’organisme, « c’est là la démonstration la plus frustrante que la place de l’éducation à l’environnement doit continuer de s’accroître dans tous les milieux et ce, pas seulement auprès des jeunes ! »

Alors que le gouvernement du Canada a décidé de faire cavalier seul, le leadership environnemental reposera désormais sur les épaules des gouvernements locaux et provinciaux. « Le gouvernement conservateur a décidé de défendre les intérêts des pollueurs, il faut espérer que les provinces, les villes, mais aussi les citoyens, prendront le relais de la lutte aux changements climatiques » fait remarquer Delphine Gingras, directrice de production de la Délégation de la jeunesse du Québec. « C’est le seul espoir qu’il reste pour éviter la catastrophe climatique » conclue-t-elle.

Photo : Reuters, tirée d’un article sur Cyberpresse