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Reconnaître les pertes et préjudices dans l’accord de Paris

8 décembre 2015

Ce texte a été rédigé par Catherine Viens, membre de la délégation de l’Université de Sherbrooke à la CdP21. Dans le cadre de cette conférence, ENvironnement JEUnesse et l’Université de Sherbrooke collaborent afin de permettre à des étudiants universitaires de suivre les négociations internationales sur les changements climatiques. Cet article est le deuxième d’une série de cinq dans l’objectif de jeter un regard nouveau et accessible sur la conférence de Paris.

Comme vous le savez déjà, plusieurs sujets d’une importance capitale sont traités lors de la 21e conférence des parties (CdP 21). La capacité qu’auront les pays à trouver des compromis sur certains enjeux sera tributaire du succès de cette importante rencontre.

D’ailleurs, depuis de nombreuses années déjà, le G77 et la Chine insistent fortement pour que soit inclut dans l’accord de Paris la notion de pertes et préjudices. Cette clause fait référence aux pertes et préjudices que subiront, ou que subissent déjà, les pays les plus vulnérables aux impacts des changements climatiques. Ainsi, les réductions du potentiel de développement, les pertes d’héritage culturel ou encore la perte d’une partie du territoire sont des exemples de ces dommages. La fréquence plus élevée et l’amplification de l’intensité des cyclones et l’assèchement des rivières causées par les changements climatiques sont quelques-unes des causes de ces pertes et préjudices.

L’inclusion d’une clause reconnaissant les pertes et préjudices permettrait, d’une part, de reconnaitre les dommages causés par les changements climatiques, et d’autre part, permettrait de mobiliser des fonds afin de dédommager les États subissant les contrecoups climatiques.

Toutefois, une question subsiste. Si les pertes et préjudices sont reconnus, qui devra payer pour les dégâts environnementaux causés ? En considérant la responsabilité historique des pays développés dans l’émission de gaz à effet de serre, les pays du G77 et la Chine espèrent voir les pays industrialisés assumer la facture. En opposition, les pays les plus avancés ne veulent pas signer un chèque en blanc qui les obligerait à dédommager financièrement tous les pays touchés par des problèmes climatiques durant toute la durée légale du traitée de Paris.

Pour l’instant, les textes préliminaires issus des négociations de la CdP21 incluent deux options sur cet enjeu. Dans le premier cas, il est proposé d’attribuer un article complet à la question des pertes et préjudices. Dans le second cas, il est suggéré de placer cette question à l’article 4 consacré à l’adaptation. Cela signifie que l’option « No Text » a été écartée, et l’accord de Paris comprendra vraisemblablement l’une de ces deux options.

Cela dit, l’ajout de cette disposition dans le texte de Paris est un simple point de départ pour l’ensemble de ces pays. Plusieurs mécanismes devront être intégrés ultérieurement pour offrir un cadre institutionnel et un support financier robuste et ainsi aider les pays les plus vulnérables à répondre à cette problématique.

Comment soutenir un transfert des moyens de subsistance pour ces pays ? Comment répondre aux besoins de relocalisation des populations ? Quel montant d’argent sera attribué pour la reconstruction des pays touchés par les changements climatiques ?

En fait, un seul aspect du problème apparaît clair : les pays les plus vulnérables ne sont pas en mesure de faire face aux pertes et préjudices causés par les changements climatiques. Nous saurons à la fin de cette semaine ce qu’il adviendra de cette question.

En savoir plus

Pour suivre la délégation de l’Université de Sherbrooke, rendez-vous sur Facebook ou sur Twitter.

SAR présenté par RECYC-QUÉBEC CPE durable Cégep vert du Québec
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