Les négociations en trois temps : atténuation, adaptation et souffrance

Par Catherine Gauthier
1er décembre 2012

Ce jeudi soir à Doha, la délégation de la République Démocratique du Congo, en sa qualité de président du Sommet de la Francophonie, et avec le soutien du gouvernement suisse, organisait une concertation des experts francophones.

L’expert des questions énergétiques et climatiques Pierre Radanne a partagé sa vision des enjeux de la conférence auprès de plus d’une soixantaine de délégués francophones d’Afrique, d’Asie, d’Europe et du Québec.

Atténuation, adaptation et souffrance

Selon Radanne, trois éléments sont essentiels aux négociations, soit l’atténuation (réduction des émissions de GES), l’adaptation et la souffrance. Il a expliqué que si les parties ne mettaient pas suffisamment d’efforts pour l’atténuation des changements climatiques, il en résulterait des coûts plus importants en adaptation et des impacts plus graves menant à une plus grande souffrance. Pour réduire la souffrance, il devient alors impératif de miser sur l’atténuation dans les négociations.

Climato-pessimisme

L’expert Pierre Radanne a également parlé du danger du « climato-pessimisme ». À son avis, il faut éviter la déprime de la première semaine des négociations où il ne se passe généralement rien. Par ailleurs, quand les négociations sont rompues, les changements climatiques eux ne s’arrêtent pas pour autant.

« Si on rompt la négociation, on n’a absolument aucune garantie de quand elle va reprendre », et c’est une option trop dangereuse a-t-il ajouté. Ainsi, il vaut mieux garder toutes les parties dans le processus, car on a plus de chances de garder le contrôle sur celles-ci. De surcroît, les exclure ne les inciterait pas davantage à prendre part aux accords internationaux de lutte contre les changements climatiques.

Une question d’équité

Peu avant la clôture de la session de concertation, un délégué du Mali a demandé ce qui garantissait que le prochain protocole soit ratifié. La réponse décevante est qu’il n’y a tout simplement rien qui garantisse la ratification d’un Kyoto #2# par tous les pays. Le Malien a alors répliqué qu’il « ne compren[ait] pas comment on [pouvait] manger la mangue sans faire partie du Protocole du Manguier », soulevant la délicate question de l’équité dans les négociations.

Environnement Jeunesse Environnement Jeunesse Environnement Jeunesse Environnement Jeunesse Environnement Jeunesse Environnement Jeunesse Environnement Jeunesse Environnement Jeunesse