Les changements climatiques : tous les pays également responsables ?

Par Emmanuel Précourt Senécal, journaliste
1er décembre 2011

Alors que la conférence de Durban bat son plein, Peter Kent soutient que les États du Sud doivent arrêter de jouer la carte de la « culpabilité des pays riches ».

Oublier la responsabilité historique

Alors que la 17e conférence des parties sur les changements climatiques bat son plein, le ministre canadien de l’environnement a prétendu que les pays émergents cherchaient à recevoir des « paiements de culpabilité ». Du même coup, il a rejeté le principe selon lequel les pays du Nord ont une dette morale à l’égard de ceux du Sud. À ses yeux, ces derniers devraient oublier leurs revendications pour une « responsabilité historique ». Cette sortie a d’ailleurs valu au Canada un quatrième prix fossile en trois jours. La Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques reconnaît effectivement la « responsabilité commune, mais différenciée ». Cela signifie que même si tous les États partagent le blâme pour les changements climatiques, certains pays en ont une plus grande part, car ils émettent une énorme quantité de gaz à effet de serres depuis des décennies. C’est ce qu’on appelle la responsabilité historique.

À juste titre, la communauté internationale s’attend à ce que ces pays, principalement responsables de la situation actuelle, soient les premiers à prendre des mesures importantes pour y remédier. Ces pays sont d’ailleurs, habituellement, beaucoup plus riches et ont davantage les moyens de réduire leurs émissions de gaz à effets de serre sans qu’il n’y ait d’impacts sur leur niveau de développement.

Pas qu’une question d’argent

Non seulement le ministre semble rejeter ce concept fondamental des négociations sur le climat, mais il semble penser qu’il ne s’agit que d’une façon pour les pays du Sud de réclamer plus d’argent. Il est vrai que le financement et l’aide des pays riches est un enjeu important pour plusieurs pays n’ayant les moyens ni d’atténuer leurs émissions de gaz à effet ni de s’adapter aux changements climatiques. Cependant, le concept de responsabilité historique va plus loin : il s’agit également pour les États du Nord de donner l’exemple et d’agir à titre de leader. Sur ce point, le Canada n’a absolument pas un comportement dont il peut se vanter.

Le gouvernement canadien semble attaché à l’idée que certains pays doivent agir avant d’autres. Ne clame-t-il pas à toutes les portes qu’il ne fera pas partie d’un accord dans lequel tous les grands pollueurs se seraient déjà engagés ? Cependant, en rejetant le concept de responsabilité historique, le Canada nie qu’il a lui aussi un rôle exemplaire à jouer en raison de son passé de pollueur (et de son présent, serions-nous tenté d’ajouter). Cette gifle contre des revendications légitimes des pays du Sud est outrageante et s’ajoute à la liste, de plus en plus longue, des tentatives, par le Canada, de saboter les négociations à Durban.

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