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Le vélo, la solution pour lutter contre la pollution atmosphérique à Montréal

23 novembre 2015

Ce texte a été rédigé par Morgan Rohel, étudiant à la maîtrise en Science politique de l’Université de Montréal et membre de la délégation de l’Université de Sherbrooke à la CdP21. Dans le cadre de cette conférence, ENvironnement JEUnesse et l’Université de Sherbrooke collaborent afin de permettre à des étudiants universitaires de suivre les négociations internationales sur les changements climatiques. Ils partageront cinq articles dans l’objectif de jeter un regard nouveau et accessible sur la conférence de Paris.

Dans quelques jours, près de 40 000 personnes se rassembleront pour ce qui sera un des événements les plus importants de l’année : la 21e Conférence des Parties (CdP21) sur le climat. On sait que la CdP21 accordera une place à la question des transports. Or, en ce domaine, le Canada affiche un retard grandissant depuis les 20 dernières années. Alors qu’à Montréal, la congestion est devenue le quotidien d’une majorité de citoyens et citoyennes, nous sommes en droit et avons le devoir d’en demander plus à nos représentants.

En 2014, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) classait Montréal parmi les cinq villes les plus polluées du Canada. Le taux de particules en suspensions PM10 et PM2.5, les fameuses particules fines, y seraient même trois fois plus élevés qu’à Vancouver. Ces niveaux de pollution ont des effets désastreux sur l’environnement, mais aussi sur la santé des Montréalais et Montréalaises. Selon le Dr Richard Massé, directeur de Santé publique de Montréal, ce seraient ainsi près de 1500 de nos concitoyens qui décèderaient prématurément chaque année du fait d’une aggravation de leur état de santé imputable à la pollution atmosphérique.

Paradoxalement, le Québec affirme vouloir s’investir davantage dans la lutte au réchauffement planétaire. Quand l’on considère que les transports sont responsables pour un tiers de la pollution atmosphérique de la ville, et la seule automobile pour 20%, les Montréalais sont en droit de se demander par où passe cette action.

La voiture n’apparaît pourtant plus adaptée à notre environnement urbain. La voiture se présente désormais plus comme un problème que comme une solution. Elle affecte de manière désastreuse tant notre santé que notre environnement, et pas seulement ceux des utilisateurs, mais de tous. Pourquoi aucune alternative viable n’est-elle dès lors mise en place ?

L’action de la Ville de Montréal et du gouvernement provincial, qui se partagent les investissements en transports, reste en effet marginale en la matière. Car pour pouvoir réduire le nombre de voitures qui parcourent chaque jour les routes de l’agglomération, il faut bien offrir des alternatives aux habitants. Ainsi, des 50 km de pistes cyclables promis pour cette année à Montréal, seuls 30 à 35 seront finalisés.

Pour le vélo, les investissements sur les dernières années ont été d’environ 10 millions de dollars, alors qu’ils s’élèvent à près de 15 millions à Copenhague. La capitale mondiale du cyclisme reste pourtant trois fois moins peuplée. Alors que Montréal était considéré comme pionnière en la matière, elle a été rétrogradée à la 20e place du Copenhagenise Index, classement référence des villes par rapport à leur adaptation au vélo. Elle était encore 8e en 2011.

Et pourtant les solutions existent, tant pour inciter les montréalais à utiliser les modes alternatifs de transports que pour leur permettre de se déplacer autrement. Si seuls 3% des Montréalais utilisent quotidiennement le vélo pour se rendre au travail ou à l’école, contre 63% à Copenhague, ce chiffre augmenterait très certainement si des installations leurs étaient dédiés : autoroutes pour cyclistes, etc. Et pour financer ces infrastructures, il suffit de s’inspirer de plusieurs villes dans le monde : péage urbain (Londres, Stockholm, Milan, Singapour, etc.), renforcement des taxes sur les produits pétroliers (4 fois plus haute à Vancouver), sur l’immatriculation ou sur le stationnement, etc.

Les sondages montrent que les Montréalaises et Montréalais sont prêts à s’acquitter d’une taxe pour utiliser le réseau routier si cela permettait d’améliorer le système dans son ensemble. Pourquoi Montréal a-t-elle alors perdu son statut de pionnière en matière de transports alternatifs ? Le manque d’infrastructures, alors que les conséquences de la surutilisation de la voiture sur l’environnement et la santé des Montréalais et Montréalaises sont désastreuses, demande une intervention politique rapide.

Tout en étant environnementalement neutre, le vélo à un apport bénéfique sur la santé de ses utilisateurs, et par conséquent sur les finances publiques. La communauté toute entière profiterait donc d’un développement des infrastructures cyclables. Mais en ce domaine, comme en transports en commun, nous nous retrouvons confrontés à un manque de volonté politique de nos élus.

En savoir plus

Pour suivre la délégation de l’Université de Sherbrooke, rendez-vous sur Facebook ou sur Twitter.

SAR présenté par RECYC-QUÉBEC CPE durable Cégep vert du Québec
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