L’Organisation des Nations Unies… représentative ?

Par Olivia Toussaint-Martin, agente de liaison internationale
30 novembre 2011

Alors que les yeux de la communauté internationale sont rivés sur Durban, l’espoir d’un accord juste et équitable est menacé par la difficulté de certaines délégations de se faire entendre.

La conférence de Durban sous l’égide des Nations Unies représente, en théorie, une plateforme où tous les pays membres sont égalitaires et peuvent négocier des enjeux qui les préoccupent lors de multiples sessions. Or, bien que les pays occupent tous un siège dans les séances, leur capacité à y assister se voit grandement déterminée par le volume de leur délégation. Alors que certains pays tels que la Chine et les États-Unis se présentent avec plus d’une centaine de négociateurs à la conférence, plusieurs n’ont les moyens que d’envoyer deux ou trois négociateurs.

Cette inégalité dans la taille des délégations pose en fait un enjeu de représentation et, conséquemment, de justice dans le processus onusien. Alors qu’un pays avec une volumineuse délégation peut couvrir plusieurs rencontres, évènements et sessions de négociations, d’autres qui disposent de moins de ressources souffrent de sous-représentation puisqu’ils ne peuvent se rendre à tous les évènements où leur voix devrait être entendue. De plus, ce sont principalement des pays davantage affectés par les conséquences des changements climatiques - et dont la pleine participation est vitale - qui en souffrent.

Face à la complexité des négociations, les délégations moins nombreuses voient leur poids diplomatique considérablement réduit par leur incapacité à assister à toutes les rencontres. Ces délégations sont d’autant plus muselées par l’exclusivité de l’anglais comme langue de négociation. En effet, la traduction n’est pas suffisante et la tenue d’un dialogue inclusif entre les parties concernées se voit inhibée. On constate donc une domination des pays du Nord et, forcément, une injustice face aux pays du Sud. Cette dynamique, renforcée par le manque d’engagement des pays industrialisés tels que le Canada, engendre plusieurs frustrations chez les négociateurs des petites délégations et menace la coopération entre les parties.

Pour combler ces failles, les pays qui disposent de moins de ressources se sont rassemblés sous des groupes de négociation. Ainsi sont nés des regroupements tels que l’Alliance des petits États insulaires et le Groupe Afrique, qui assurent une représentation de ses membres. Bien que de tels regroupements présentent également leurs limites, notamment quant à la représentation complète des intérêts particuliers de ses membres, ils offrent néanmoins un contrepoids à la domination des pays industrialisés.

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