Il ne reste plus que nous

Par Emmanuel Précourt Senécal, journaliste
11 décembre 2011

Il y aura eu beaucoup de bruit pour rien à la conférence de Durban. Après des heures de négociations, les ministres sont repartis dans leurs pays, laissant derrière eux les ruines fumantes de l’accord de Durban. La société civile s’attelle déjà à la tâche d’en ramasser les morceaux.

Le -dés- accord de Durban

La Conférence de Durban devait permettre de prolonger le protocole de Kyoto, de terminer la création du Fond vert pour le climat et d’enclencher un processus vers un nouveau traité contraignant rassemblant tous les émetteurs.

Le protocole a effectivement été prolongé, mais aucune modalité de ce prolongement n’a été décidée. On ne connaît même pas quel sera l’objectif planétaire de réduction (il était de 5,2% pour la première phase). Au moins, on aura trouvé un nom au document...

Le Fond vert du climat devrait être mis en application en mars, mais aucune décision n’a été prise quant à son mode de financement. On n’a pas réussi à s’assurer que l’argent proviendrait de fonds publics et serait gérée de façon transparente. L’idée de le financer à même des taxes sur l’utilisation de combustibles polluants dans le transport international a également été mise de côté.

Quant à la coopération à long terme, elle n’a rien donné. Les États se sont vaguement entendus pour négocier un accord d’ici 2015, un retour en arrière magistral quand on pense qu’ils s’étaient entendus à Bali (2007) d’avoir cet accord à Copenhague (2009). On en est au même point qu’il y a 4 ans. Pire encore, cet accord n’entrerait pas en vigueur avant 2020. Cela signifie 8 ans de perdus.

Le vrai travail commence

Qu’on se le dise franchement, les accords de Durban ne sont absolument pas assez ambitieux pour éviter au monde un réchauffement de plus de 2°C. Le scénario actuel risque davantage de mener à un réchauffement dramatique de 3°C, 4°C ou même 6°C ! Les conséquences en seraient catastrophiques. Nous ne pouvons pas, en tant qu’être humain, rester sur cette pente. À Durban, la communauté internationale a prouvée que nous n’avions pas le luxe d’attendre après elle.

Au Canada et ailleurs, l’espoir repose maintenant sur la société civile et la population. Plus que jamais, nous avons besoin d’une coalition des volontés. Toutes les forces vives de la société doivent travailler ensemble : individus, groupes écologistes, organisations, entreprises écoresponsables, villes, provinces.

Les vingt dernières années, la lutte aux changements climatiques a été vue comme étant le ressort des Nations unies. Durban aura peut-être eu, au moins, comme rôle de nous débarrasser de nos illusions. N’attendons plus après nos gouvernements. Nous devons, dès maintenant, prendre le leadership.

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