Fracasser le mur des générations

12 November 2016

Le 10 novembre était une journée spéciale pour tous les jeunes délégués qui assistent aux négociations internationales sur les changements climatiques à Marrakech. En effet, la journée se déroulait sous le thème de la jeunesse et des générations futures.

Les plus récentes publications du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat montrent que la température de surface globale dépassera probablement le seuil limite de 1,5°C, et peut-être même de 2°C selon certains scénarios. Pour les jeunes, dont la majorité vivra les impacts prédits à l’horizon 2050, cette situation est l’illustration d’une grande injustice climatique.

Pourtant, le principe d’équité a été au cœur des négociations internationales depuis l’adoption de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) au Sommet de la Terre en 1992. L’équité intergénérationnelle y avait alors été popularisée, mais les Parties n’avaient pas ajouté explicitement l’aspect intergénérationnel de ce principe.

De l’aveu même du secrétaire exécutif adjoint de la CCNUCC, Richard Kinley, c’est l’énergie des jeunes qui permet aux plus vieux de continuer. Lors de la première conférence des parties, on comptait 4 000 participants alors qu’on en compte environ 25 000 délégués aujourd’hui. Il attribue une partie de l’intérêt grandissant envers les questions climatiques à l’implication des jeunes.

En effet, les jeunes sont le moteur de la mobilisation sociale et des changements sociaux. Ils contribuent à créer de nouveaux modèles économiques et sociaux, jusqu’à ce que le changement devienne inévitable.

Plus récemment, à Paris en décembre 2015, les jeunes ont milité en faveur d’une mention explicite de l’équité intergénérationnelle sous la forme d’un article en soi. Nous y sommes à demi parvenus comme les Parties ont finalement accepté d’inclure une mention explicite des obligations concernant l’équité entre les générations dans le préambule de l’accord.

Pour bien des jeunes, cette mention est bien loin d’être suffisante, d’autant plus que les actions parlent davantage que les discours. Dans le contexte de la conférence de Marrakech – surnommée la conférence de l’action, l’équité intergénérationnelle devrait être un point de départ pour limiter la température sous le seuil de 1,5°C.

Afin de mettre en œuvre l’accord de Paris, les jeunes répondent présents. Nous n’avons d’ailleurs pas attendu l’accord de Paris pour lancer des initiatives visant à créer des sociétés plus résilientes et des économies décarbonisées. Ces actions sont de plus en plus nombreuses, et ce, même lorsque des gouvernements ou certaines compagnies se sont montrés réticents à modifier leurs comportements.

Les jeunes – politologues, activistes, organisateurs, chercheurs, autochtones, etc. – n’hésitent pas à utiliser leur pouvoir pour remettre en cause le statut quo. Les jeunes dérangent et, en même temps, bâtissent un mouvement plus inclusif et plus équitable pour toutes les générations.

Même un seul homme ne pourra freiner l’élan de la jeunesse et des générations futures. Les enjeux sont trop importants, et la prise de conscience des nouvelles générations est irréversible. Malgré les générations et les frontières qui nous séparent, nous sommes solidaires et allons construire un avenir ensemble qui ne laisse personne derrière.

Crédit photo: David Tong

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