Et le gagnant est…

Par Jean-François Veilleux, analyste politique
29 novembre 2011

Alors que se terminait la première journée de la Conférence des parties, le Canada s’est mérité la première et la deuxième position des prix fossiles, les premiers à être distribués à Durban. Il faut savoir que ces prix « récompensent » les efforts mis de l’avant par un pays pour bloquer ou nuire aux négociations sur le climat. L’actuel gouvernement s’est clairement démarqué dans ces catégories entre autres en raison des récentes déclarations faites en chambre et dans les médias.

Le gouvernement, par le biais de son ministre de l’Environnement a notamment annoncé qu’il « jouerait dur » avec les pays en développement, refusant totalement le fait que ces pays devrait pouvoir profiter d’une certaine période de grâce, afin de leur permettre de se développer. Pour un gouvernement qui prétend défendre prioritairement l’économie, ce n’est pas très cohérent. Les pays en développement devraient effectivement profiter d’une période d’adaptation, afin de mettre en place de véritables mesures d’atténuation profitables à long terme. Le Canada compte parmi les dix plus grandes économies de la planète, mais cela n’a pas toujours été le cas. Un peu de sympathie serait probablement appréciée.

À sa volonté de « frapper fort », le Canada est également accusé d’être un négociateur de mauvaise foi, puisqu’il assiste à la conférence tout en laissant planer la rumeur de son retrait du Protocole de Kyoto d’ici à la fin de l’année. Cette présence lui laisse le loisir de nuire aux négociations et d’empêcher la création d’un nouvel accord contraignant comportant des cibles de réductions clairement établies. Pour la mauvaise foi évidente de son gouvernement, le Canada s’est mérité la première position des « fossiles ».

On pourrait comparer le Canada à cet « ami » que nous avions tous lorsque nous étions jeunes : celui qui crie plus fort que tout le monde, qui dérange continuellement en classe et qui occupe continuellement le professeur et qui, lorsqu’invité à la maison, se plaît à casser nos jouets, en prétendant qu’ils étaient déjà affaiblis. Cet ami fortement désagréable dérange, mais personne ne semble vraiment vouloir lui dire, lui permettant ainsi de poursuivre sa destruction. Loin de moi l’idée de promouvoir l’intimidation, les délégués « sérieux » devraient demander au Canada d’expliquer ses intentions réelles et lui demander de quitter volontairement les négociations s’il désire réellement quitter le bateau de sauvetage de la planète. La communauté internationale ne doit pas tolérer une telle hypocrisie de la part du gouvernement canadien.

Le mouvement se fait sentir de plus en plus ; les ONG veulent isoler le Canada, au même moment où l’Afrique du Sud a déclaré être « préoccupée par les agissements » du gouvernement canadien. Un problème des grandes rencontres est peut-être de ne pas laisser assez de latitude aux représentants, dans le but d’éviter les incidents diplomatiques, mais il faut que l’arrogance cesse et que le Canada se fasse montrer la porte. S’il désire défendre les pollueurs, qu’il le fasse seul sans torpiller les efforts investis depuis si longtemps.

Environnement Jeunesse Environnement Jeunesse Environnement Jeunesse Environnement Jeunesse Environnement Jeunesse Environnement Jeunesse Environnement Jeunesse Environnement Jeunesse