Diplomatie et pétrole

20 novembre 2014

Le 29 octobre dernier, Catherine Gauthier était invitée à la simulation « La nouvelle diplomatie des ressources naturelles » organisée par l’Association canadienne pour les Nations Unies au Musée canadien de l’histoire de Gatineau.

En tant que vice-présidente d’ENvironnement JEUnesse, Catherine a livré son discours aux participants, parmi lesquels un grand nombre de jeunes et d’étudiants, mais aussi des ambassadeurs, des représentants du gouvernement fédéral et des provinces. L’Association canadienne des producteurs pétroliers était aussi présente à ce rendez-vous. Sans surprise, le discours de Catherine avait peu de points en commun avec celui de l’industrie pétrolière.

Voici le discours qu’elle a prononcé :

« Il y a un mois, la Secrétaire exécutive des Nations Unies, Christiana Figures, mettait en garde le Canada pour sa dépendance aux énergies fossiles. Partout, a-t-elle affirmé, il y a une tendance vers une économie faible en carbone. Et cette tendance est irréversible. Elle a aussi rappelé de nombreuses études sur les risques liés aux investissements dans les énergies fossiles. En effet, dans les derniers mois, nous avons vu beaucoup d’instabilité sur les marchés de l’énergie. Dans ce contexte, la politique énergétique du Canada – largement basée sur l’expansion des sables bitumineux – ne nous mènera nulle part.

Alors que la demande énergétique mondiale augmentera, deux scénarios s’offrent à nous. Premièrement, le Canada poursuit l’expansion des sables bitumineux, tourne le dos à sa réputation internationale, augmente dramatiquement ses émissions de gaz à effet de serre et menace les milieux naturels. Mais le Canada peut se compter chanceux. Ce qui m’amène à la seconde option.

Notre pays dispose d’un potentiel énorme pour une transition énergétique. Les associations syndicales canadiennes, les organisations environnementales et de la société civile demandent une alternative qui est plus bénéfique à la fois pour notre économie et pour notre environnement.

Une étude menée par Blue Green Canada démontre que les investissements dans les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique ou le transport en commun génèrent 6 à 8 fois plus d’emplois que des investissements similaires dans l’industrie du pétrole et du gaz. De plus, les emplois verts (de l’anglais green jobs) contribuent à la protection de l’environnement.

Mais pourquoi n’avons-nous pas pris ce virage ?

Il y a plusieurs raisons pour expliquer pourquoi le Canada va dans la mauvaise direction :

  • Sans emplois verts, sans cibles pour les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique et le transport en commun, et sans stratégie énergétique, nous perpétuons un insoutenable statut quo ;
  • Même si les communautés ou les ONG revendiquent une voie plus durable, l’industrie détient encore beaucoup de ressources et d’influence pour maintenir son statut privilégié ;
  • Pour le grand public, plusieurs de ces enjeux sont très complexes : plus d’éducation est nécessaire pour comprendre ce qui est en jeu et faire des choix ;
  • Finalement, nous manquons de volonté politique pour concrétiser ce virage.

La mission d’ENvironnement JEUnesse est de conscientiser les jeunes aux enjeux environnementaux, de les outiller à travers ses projets éducatifs et de les inciter à agir dans leur milieu.

Je suis chanceuse de pouvoir travailler avec des jeunes qui osent remettre en question tout ce que nous faisons, comment nous le faisons et pourquoi nous le faisons.

Si vous connaissez un tant soit peu l’histoire de l’énergie, vous associez probablement le nom Rockefeller au pétrole. Mais il y a un mois, la fondation des frères Rockefeller a rejoint la coalition mondiale Divest-Invest, un groupe d’investisseurs qui se sont engagés à transférer leurs investissements dans le charbon, le pétrole et le gaz vers les énergies renouvelables.

C’est incroyable et visionnaire.

L’âge de pierre ne s’est pas terminé par manque de pierres, et cet âge du pétrole ne s’achèvera pas parce que nous serons à court de pétrole. Au contraire, j’espère que nous allons effectuer un virage vers de meilleures solutions.

Merci. »

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