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De l’assiette au jardin

Au CPE Alexis le Trotteur, les restants de table prennent le chemin du compost !
12 février 2015

Établissement : CPE Alexis le Trotteur
Emplacement : Mile-End, Montréal
Nb d’installation(s) : 1
Nb d’enfants : 80

Lorsqu’il est question de développement durable en milieu de la petite enfance, le CPE Alexis le Trotteur est souvent cité par ses pairs. En 2006, son conseil d’administration a adopté une politique décrivant les grandes orientations environnementales de l’établissement, et conséquemment quatre objectifs vers lesquels converger. Un document né de la volonté du comité vert du CPE, formé de parents et de membres du personnel, d’assurer une progression continue des actions environnementales dans le temps.

Or, parmi ces quatre objectifs figure celui d’ « assurer une gestion des matières résiduelles qui applique la stratégie des 3 R : la réduction, la réutilisation et la récupération et en faire la promotion auprès des enfants ». L’adoption d’infrastructures permettant de composter les résidus alimentaires s’imposait donc pour le CPE.

L’année suivante, des parents bénévoles ont mis la main à la pâte en construisant trois bacs de bois voués à composter en alternance les déchets organiques produits par le CPE. Tant les résidus alimentaires de la cuisine que les restants de table et de collation ont dès lors commencé à prendre le chemin du compost. « Chaque enfant a vite pris l’habitude de déposer sa pelure de banane ou son trognon de pomme dans la chaudière prévue à cet effet à la fin de la collation, explique la directrice adjointe Marianne Bride. Il en faut de peu pour faire entrer une nouvelle habitude dans la routine d’un enfant ! » Le cuisinier avait pour sa part la responsabilité d’acheminer le tout vers les bacs à l’extérieur du CPE une fois par jour.

Il aura bien fallu quelques ajustements. « Ça nous a pris un certain temps à comprendre et à respecter les ratios de déchets riches en carbone et en azote, admet Mme Bride. On manquait aussi d’assiduité sur le brassage, qui était assez sportif et requérait l’implication des bénévoles du comité vert. »

Chaque printemps, à l’occasion du Jour de la Terre, le CPE a tout de même développé une tradition autour de la collecte du compost. Une grande corvée conviant parents et enfants est organisée, où chacun peut ramener du compost mûr à la maison pour ses projets de jardinage. Une belle opportunité de sensibiliser petits et grands aux bienfaits du compostage !

Jusqu’à l’été 2014, où le projet a commencé à s’essouffler. « On a eu des problèmes avec l’immeuble et il nous a fallu fermer la cour pendant un moment. L’engouement s’est donc un peu éteint ce printemps-là », relate la directrice, qui s’est réjouie lorsqu’elle a reçu quelques semaines plus tard une offre qui tombait à point. Un employé de l’arrondissement lui proposait d’installer sans frais un composteur surélevé et isolé de JORA Compost à l’arrière du CPE, lequel serait beaucoup plus facile d’utilisation.

Et le comble dans tout ça ? On les a du même coup mis en contact avec Les Pousses Urbaines, un organisme à but non lucratif dont la double mission est de proposer des services horticoles de qualité tout en offrant à de jeunes adultes en difficulté un parcours de réintégration professionnelle par l’agriculture urbaine.

Les Pousses Urbaines sont venus donner une formation sur les rudiments du compostage aux membres du comité vert, et un participant du programme vient deux fois par mois brasser le compost, l’amender en copeaux de bois et en faire la collecte au besoin. Il redistribue ensuite le compost mûr dans les plates-bandes et les jardinières du CPE, et bénéficie des surplus pour les projets d’agriculture urbaine de l’organisme.

Jumelé aux habitudes de recyclage du CPE, le compostage a permis de réduire de moitié la production de déchets de l’établissement. « Nous avons même songé à retirer les poubelles des locaux, tellement elles sont peu utilisées, mais n’ayant pas trouvé de solution aux mouchoirs, nous avons choisi de les laisser en place », explique Marianne Bride.

Des parents ont également ressorti leurs outils pour construire de grandes jardinières, qui serviront désormais à cultiver (grâce au compost) des légumes avec les enfants en période estivale... histoire de fermer la boucle, de l’assiette au jardin !

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