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Conférence de Lima : entre l’inspiration et le désespoir

Par Alex Cool-Fergus
16 décembre 2014

« Pour nous, il y a deux choix : la mort ou la justice climatique » –Gerry Arances, coordonnateur national du mouvement philippin pour la justice climatique

La conférence de Lima (COP20) a vu une présence croissante de représentants d’industrie, des résultats peu ambitieux des négociations, la promotion de fausses solutions par les corporations et certains gouvernements ainsi qu’un manque d’écoute des communautés affectées par les changements climatiques.

Au niveau du gouvernement canadien, il n’y a eu aucun progrès par rapport aux COP précédentes. Le Canada s’isole de plus en plus avec son complice, l’Australie, dans des positions qui sont impossibles à défendre du point de vue moral ou scientifique. C’est peut-être pourquoi les négociateurs canadiens sont demeurés très silencieux à Lima : ils ne veulent pas prendre trop de place alors que 2015 s’annonce une année électorale. Des coups de publicité tels que la contribution de 300 millions de dollars au Fonds vert pour le climat leur permettront de se vanter de l’action positive, alors qu’en réalité ils maintiennent leurs subventions à l’industrie pétrolière et refusent de collaborer avec les citoyens ou les communautés autochtones. Ils nous ont aussi menti à plusieurs reprises en déclarant que le Canada atteindra ses objectifs minables de réduction des gaz à effet de serre, ou GES, d’ici 2020. Même la vérificatrice générale du Canada a constaté que c’est tout à fait faux. Au contraire, les émissions augmenteront si on poursuit le développement effréné des sables bitumineux.

À chaque année, une nouvelle COP fait les manchettes pendant quelques semaines lors desquelles nos dirigeants font des sorties publiques réclamant une meilleure qualité de l’environnement et des actions concrètes pour contrer les changements climatiques. Et, comme à chaque année, lorsque les journalistes repartent chez eux, on perçoit que l’enthousiasme qui était jadis si important s’évapore. On pourrait conclure que ce sera toujours la même histoire, mais je préfère accepter cela comme un défi. Faisons en sorte que le climat reste à l’agenda dans l’année à venir. Au niveau fédéral, des élections s’annoncent dans les prochains mois : mettons de la pression sur les candidats de chaque parti afin qu’ils présentent quelque chose de tangible pour le climat.

Collectivement, nous devrons nous concentrer sur la transition des énergies fossiles vers des énergies propres et renouvelables. Afin d’atteindre l’objectif de Copenhague limitant la montée de la température globale de 2 degrés Celsius, il faudra émettre 0 GES (valeur nette) à partir de 2050. On est encore loin de là, mais avec de la volonté politique, ça pourrait devenir une réalité.

Nous ne pouvons pas prétendre que la lutte pour la justice climatique s’est terminée avec la fin des négociations. Au contraire, faisons en sorte que l’énergie, l’information et la frustration de la COP20 nous pousse vers la poursuite d’un monde plus équitable et plus sain. Si la COP m’a appris quelque chose, c’est que nous avons encore plus de travail que je pensais. Si on veut réduire les impacts des changements climatiques, ça prendra des changements drastiques, et ce, tout de suite. On ne peut continuer de promouvoir le statut quo. L’ère des fausses solutions est révolue : ouvrons la voie vers des alternatives créatrices d’espoir.

Alex Cool-Fergus

Originaire de Gatineau, Québec, Alex Cool-Fergus a étudié à l’Université de Sherbrooke au baccalauréat en études de l’environnement. Avec la Délégation jeunesse canadienne, elle prendra part à la conférence de Lima sur le climat (COP20). En 2011, Alex a eu la chance d’être bénévole dans un organisation non gouvernementale (ONG) environnementale à Yellowknife, ce qui a allumé son désir de dévouer sa vie au domaine prestigieux de l’activisme (haha !). Depuis ce temps, elle a entre autres participé à la fondation de la Coopérative de vélos La Déraille et œuvré au sein de l’organisme Campus Durable à l’Université de Sherbrooke.

Photo : marche des peuples pour la planète

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