Ce qui se passe à Durban, reste à Durban

Par Catherine Gauthier, chargée de projet
11 décembre 2011

Les derniers jours de la conférence de Durban auront certainement été chargés d’émotions. Alors que les négociations n’avaient que très peu avancées au cours de la première semaine de deux, l’arrivée des ministres et diplomates internationaux en début de semaine n’aura pas permis d’accélérer le rythme ou de débloquer les discussions.

Au contraire, les tensions ont été palpables et ont atteint un sommet vendredi au moment où des centaines de délégués du monde se sont rassemblés pacifiquement pour exiger un accord à Durban. Cette atmosphère chargée ne semble malheureusement pas avoir été propice à des négociations ambitieuses pour sauver le climat ou du moins Kyoto.

Oh Canada…

Parlant de Kyoto, il serait bon de rappeler au Canada ses engagements. Alors que le gouvernement actuel ignore l’urgence d’agir dans la lutte aux changements climatiques dans le but évident de profiter de l’exploitation pétrolière et gazière, les pays ne se gênent pas pour le pointer du doigt. Après les critiques du Québec, ce fut au tour de l’Inde de reprendre le Canada pour son inaction.

Durant toutes les négociations, le gouvernement Harper n’a cessé d’organiser des conférences de presse pour faire des annonces insignifiantes afin d’attirer l’attention internationale sur l’« action » canadienne. Et comme si ce n’est pas suffisant, le Canada a renchéri en osant critiquer des pays en transition et en développement pour leur manque d’engagement ou de volonté. C’est à ce moment que l’Inde a critiqué et dénoncé publiquement le Canada pour ses accusations à l’endroit de d’autres pays alors qu’il bloque lui-même les pourparlers…

En bref, le gouvernement canadien a agit de manière honteuse et immorale à Durban.

Ne pas tomber dans le fossé

À Durban, les États n’ont pas encore réussi à écarter le monde d’un scénario climatique dangereux où le réchauffement planétaire serait limité à 2°C. Si les pourparlers ont échoué ces dernières heures, ce n’est pas par manque de structure de négociations, mais plutôt par absence de leadership ou de volonté politique. Le bloc formé par l’Union européenne, les petits États insulaires et les pays les moins développés a néanmoins permis d’éviter la catastrophe en rescapant le Protocole de Kyoto.

Pour l’heure, les parties ont conclu qu’un instrument quelconque devra être créé le plus rapidement possible, mais avant 2015. Si les États arrivent à respecter cet échéancier, il a été décidé que cet instrument devra entrer en vigueur et être mis en place à compter de 2020.

Mais que se passera-t-il entre la fin de la première période du Protocole de Kyoto en 2012 et les engagements de 2020 ? Rien. Un véritable fossé.

Quand on sera vieux

À Durban, les pays ont une fois de plus esquivé leurs engagements et failli à leurs obligations. Ce n’est pas par des engagements politiques que nous sauverons le climat, ni que nous sauverons les populations les plus vulnérables aux changements climatiques.

Ce n’est pas non plus en retardant à 2020 des actions concrètes que nous y parviendrons. La jeunesse a particulièrement critiqué le manque d’ambition et de responsabilité de la part des parties à la conférence. Des jeunes de partout n’ont pas non plus hésité à faire preuve de solidarité pour dénoncer l’inaction malgré la menace d’être expulsé de la conférence.

Nous ne pouvons pas attendre d’être vieux pour voir un accord légalement contraignant pour faire face aux défis climatiques.

Hypocrisie canadienne, absence d’engagement, manque d’ambition, injustice climatique et répression des actions de la société civile, ce climat dangereux de négociations doit être complètement changé. Les mauvais coups de Durban doivent rester en Afrique du Sud et ne surtout pas handicaper le processus à long terme. Il est urgent de sortir de l’impasse, de regarder vers le futur et de donner un souffle nouveau aux négociations à venir.

En attendant, la société civile a elle aussi un rôle à jouer. Nous devons créer un mouvement entre les citoyens, les villes et les provinces qui saisissent l’urgence d’agir. Nous ne pouvons attendre après nos dirigeants politiques pour faire preuve de leadership et devons donc prendre notre place.

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