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Ce qu’on perd et ce qu’on gagne...

Éditorial de Jérôme Normand
27 mai 2016

Comme la plupart d’entre vous le sait, je quitte mes fonctions de directeur d’ENvironnement JEUnesse ce samedi 28 mai, suite à notre assemblée générale annuelle (AGA).

Après avoir fait une courte (mais intense) transition avec Catherine Gauthier, qui prendra la relève, je quitte le cœur serré, mais léger. Après 10 ans à la barre de l’organisme, c’est carrément un pan de ma vie auquel je dois faire mes adieux. Émotivement, c’est quelque chose. J’aurai embauché ou vu passer des dizaines d’employé-e-s, autant sinon plus de membres du conseil d’administration, et - surtout - des centaines de jeunes inspirants et inspirés. Toutes ces personnes engagées et dévouées, dont plusieurs sont devenues de vrai-e-s ami-e-s, auront enrichi de manière ahurissante mon expérience de vie. Ne serait-ce que pour ça, j’en dois énormément à ENJEU.

Au niveau des dossiers, sans faire de bilan exhaustif, je retiendrai quelques bons coups et quelques amertumes.

D’abord, je suis très heureux d’avoir contribué à la réalisation, depuis les débuts, de la Maison du développement durable (MDD). En plus d’être devenue l’enseigne où logent les huit membres étant à son origine, la MDD a également atteint son objectif de devenir un pôle incontournable de réflexion, d’expertise et d’échange sur le développement durable au Québec.

ENvironnement JEUnesse aura également contribué à deux aspects moins connus et moins sexy, mais ô combien cruciaux, pour l’avenir des organismes communautaires en environnement et dont je garderai une fierté certaine. ENJEU est reconnu comme un groupe ouvert et misant sur l’entraide et le partage au sein du mouvement environnemental. Je pense avoir contribué à positionner ENJEU comme un intermédiaire entre les groupes « verts foncés » et les « verts pâles » ; avoir contribué à aplanir des aspérités afin que le mouvement se soude plutôt qu’il se déchire.

Aussi, l’organisme a été partie prenante du processus de représentation qui a mené au rétablissement en 2007 du Programme de soutien à la mission des groupes nationaux (PSM-N), seul programme dit de « financement de base » auquel des groupes communautaires d’action autonomes peuvent avoir accès, et qui avait été coupé par le (même) gouvernement quelques mois auparavant.

Maintenant, rien de tout ça n’est acquis... Et de là l’amertume. C’est bien ce qu’on apprend dans le milieu environnemental et c’est vrai pour tout mouvement social. Toutes les batailles gagnées sont à refaire, constamment. On ne peut s’asseoir sur une victoire. Jamais. Les années Harper, et plus près de nous certaines décisions du gouvernement provincial, nous donnent la pleine mesure du travail se trouvant devant nous. Au-delà des annonces, des politiques et des plans d’action, le Québec ne cesse de se détériorer quant à la vigueur de ses groupes communautaires et ce, dans tous les secteurs. La reconnaissance de leur pertinence par le gouvernement est mise à mal. Pourtant, les groupes sont une réelle courroie de transmission entre la population et le gouvernement, dans les deux sens, et pour cela, ils devraient être valorisés. Être soutenus à juste titre.

Catherine continuera de mener des batailles, aux côtés des bénévoles et de l’équipe d’ENvironnement JEUnesse, afin de donner du souffle au mouvement environnemental. Afin de permettre à ENJEU de se déployer au maximum. Il y aura encore des gains et des pertes. Mais j’ai une immense confiance en l’avenir parce que j’ai cette même confiance en les gens qui composent ENvironnement JEUnesse, qui militent avec lui. Ce qui compte, c’est d’avoir l’énergie de se battre. C’est tout !

-  Jérôme Normand

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