1,2 milliards pour le financement accéléré ?

Par Jean-François Veilleux, analyste politique
7 décembre 2011

Lundi à Durban, à sa première journée à la 17e conférence des parties, le ministre de l’Environnement Peter Kent a convoqué les médias à une conférence de presse. Cette annonce confirmait un investissement du Canada de l’ordre de 400 millions de dollars pour l’année 2011 soit une année en retard, en plus d’accorder un budget de 600 millions de dollars pour 2012.

Le lendemain, le ministre Kent a annoncé un autre investissement de 291 millions de dollars aux fonds canadiens pour les changements climatiques, aussi compris dans le programme du financement accéléré, ramenant ainsi le total des engagements canadiens à 1,2 milliard de dollars.

Cette portion d’investissement sera gérée par la Banque mondiale et la Société financière internationale et servira à aider le financement privé et l’innovation pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Malgré ces montants, aucune précision n’a été apportée quant à la répartition de ces sommes que ce soit pour les différents programmes d’adaptation, d’atténuation, ou autres mesures pour contrer les effets des changements climatiques vécus par les pays les moins développés.

Outre la répartition des subventions, le ministre Kent a omis de clarifier la forme que prendrait cet important investissement, laissant présager au passage que plus de la moitié des sommes investies seraient sous forme de prêts, gérés par l’organe pour les prêts privés de la Banque mondiale. Ces prêts ne viendraient pas nécessairement en aide à des pays directement, mais bien à des entreprises privées qui répondraient à des appels d’offre de la Banque mondiale, parfois peu reliées aux changements climatiques.

Le Canada aura donc attendu jusqu’au dernier moment pour annoncer la hauteur de sa participation à ce fond de 30 milliards de dollars, mis sur pied entre 2010 et 2012, qui permet de supporter l’action immédiate dans la lutte aux changements climatiques et de démarrer les efforts d’adaptation et d’atténuation dans les pays en développement. Cette annonce sert également de subterfuge, afin de camoufler les intentions réelles de l’actuel gouvernement quant aux négociations en cours sur le climat. Le ministre Kent tente présentement d’amadouer les médias en faisant de petites annonces répétées, mais sans véritablement préciser les détails de ces annonces. Il est également inquiétant que le gouvernement vérifie présentement la possibilité de suivre les traces des États-Unis et de se retirer du plan de financement à long terme qui devrait accumuler 100 milliards d’ici à 2020.

Finalement, sans vouloir négliger l’importance du financement à court, moyen et long terme, ce dont les pays les plus vulnérables aux changements climatiques ont véritablement besoin ce sont des engagements formel, précis et mesurables qui pourront limiter les effets de ces changements à la limite des deux degrés de réchauffement. Sans engagements réels, le gouvernement du Canada ne fait que jeter de la poudre aux yeux de la communauté internationale, en plus de remettre à plus tard la recherche de solution à ce grave problème.

Entre ironie et hypocrisie, le gouvernement de Stephen Harper patine dangereusement, entrainant les Canadiens avec lui, dans son refus de voir la situation d’urgence telle qu’elle est.

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